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APATHIE SOCIALE ET RHÉTORIQUE PATRIOTIQUE DERRIÈRE LA VICTOIRE DE RUSSIE UNIE

(English) http://ru.euronews.com/2016/09/19/united-russia-claims-majority-in-state-duma

(francais) http://fr.euronews.com/2016/09/19/apathie-sociale-et-rhetorique-patriotique-derriere-la-victoire-de-russie-unie

Comment interpréter les résultats des élections générales en Russie ? Natalia Marshalkovich s’est entretenue avec Tatiana Stanovaya, chef du département analytique du Centre des technologies politiques, qui fait partie de la liste d’experts de L’Observatoire franco-russe, créé en 2012 à l’initiative du Conseil économique de la CCI France-Russie.

On commence avec la participation, elle était très basse, en particulier par rapport à 2011, pourquoi ?

Tatiana Stanovaya :

“En fait, la participation a été beaucoup plus basse même que prévue. Et il y a beaucoup de raisons objectives à cela. D’abord, nous observons ce qu’on peut appeler l’apathie sociale, une augmentation des dépressions dans la société russe, des dépressions qui sont liées à la baisse de la qualité de vie de la population, à la baisse des revenus… Nous observons aussi une baisse significative de l’intérêt des gens envers les élections et la politique en général.

En outre, le pouvoir a mis en place une stratégie visant à ne pas faire augmenter le taux de participation. On peut discuter de ce point, mais certains analystes confirment que le pouvoir a créé les conditions pour faire baisser la participation. Et c’est en partie la vérité, il est vrai que l’avancement de la tenue des élections de décembre à septembre a créé toutes les conditions nécessaires à un désintérêt des électeurs.

Il est beaucoup plus difficile de mobiliser l‘électorat pendant l‘été. En conséquence, la campagne électorale de tous les partis était plus courte, très fade et sans contenu. En plus, particularité importante, les contenus de la campagne étaient détachés des intérêts réels des électeurs. Les questions de développement stratégique du pays, de la situation économique, de la politique étrangère, ont été mises de côté. Et même s’ils en ont parlé, le plus important, c‘était la rhétorique patriotique agressive.”

Les résultats des élections sont peut-être liés à cela, puisqu’on a vu les mêmes quatre partis siégés à nouveau au parlement. Cependant, la configuration a changé, les communistes ont perdu ou réduit leur présence et le parti de Jirinovski a fait un bond en avant.

Tatiana Stanovaya :

“Les résultats relativement importants du parti libéral-démocrate de l’ultranationaliste Jirinovski, sont sans doute à mettre en perspective avec ce qui a commencé il y a 4 ans. Je ne parle pas des évènements de 2014 , de la crise ukrainienne et du retour de la Crimée, mais du retour de Poutine au poste de président deux ans auparavant. A partir de là, déjà, le pouvoir a commencé à jouer très activement avec le sentiment nationaliste. On se souvient de l’article que Poutine avait écrit en 2012 sur le rôle spécial de la nation russe.

Et, dans cette situation, le parti de Jirinovski, s’est certainement trouvé plus en adéquation avec cette rhétorique cultivée par l’Etat pendant,non pas deux, mais quatre ans. Pour les communistes, il est plus difficile de maintenir son électorat dans ces conditions, sachant que les discussions sur les problèmes sociaux sont considérées comme trop risquées. Le pouvoir ne veut pas voir ces sujets émergés, même dans les autres partis représentés au parlement.

Les règles du jeu de ces élections sont très dures, mais “l’opposition du système” les a acceptées avec pour objectif, au minimum, de conserver leurs sièges au parlement. Et l’on peut voir que cette stratégie n’a pas fonctionné. Les trois partis concernés ont perdu de leur influence dans ce nouveau parlement. Le parti du pouvoir a obtenu la majorité constitutionnelle et n’a pas besoin de partenaires.”

(русский) http://www.euronews.com/2016/09/19/united-russia-claims-majority-in-state-duma

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Vladimir Putin has the country’s ballot under control

Duma-day machine

http://www.economist.com/news/europe/21707229-vladimir-putin-has-countrys-ballot-under-control-duma-day-machine

Sep 17th 2016 | From the print edition

 SINCE Russia’s last parliamentary election in 2011, when widespread fraud triggered mass protests, millions of Russians have fallen into penury. Wages have plunged, and labour protests are on the rise. Vladimir Putin’s forces are fighting openly in Syria and secretly in Ukraine. Polls show that 33% of Russians believe the country is heading in the wrong direction, though 82% approve of Mr Putin. With so much at stake, why are so many ignoring the parliamentary election due on September 18th? Golos, an election monitoring group, calls the campaign the “most sluggish and inactive” of the past decade.

This sterility is the Kremlin’s strategy. The election will be seen as a success if it is uneventful. The vote was moved forward from December to September, a move that critics contend was designed to keep turnout low, as summer holidays and the new school year keep people preoccupied. While some dissidents have been allowed to run, the strongest opposition leader, Alexei Navalny, has been convicted on trumped-up charges to keep him out of the race. As Mr Navalny points out, many of those running have been around since 1993. Russian voters are bored: 43% say they are not paying attention to the campaign, compared with 31% in 2011.

Nonetheless, the Kremlin needs the elections to retain a veneer of legitimacy. Keen to avoid accusations of vote-rigging, the government replaced the odious head of the Central Election Commission, Vladimir Churov (nicknamed “The Magician” for his ability to make results come out just right), with Ella Pamfilova, a respected former human-rights ombudsman. The ratings of United Russia, Mr Putin’s ruling party, have been falling. Mr Putin calls this a sign of “an active election campaign”.

It will not threaten his grip on the Duma. While half the seats will be elected by proportional representation, half will be head-to-head contests in individual districts, most of which will go to United Russia candidates. The nominal “opposition” parties that are gaining ground—the Communists, the Liberal Democratic Party and A Just Russia—are largely under the thumb of the Kremlin.

The real drama lies not in the election’s results, but in the jockeying around it. The campaign has served as a testing ground for a more important vote: the presidential elections in 2018. Mr Putin has been shaking up his team following the dismissal of his powerful chief of staff last month. More changes are expected after the elections. Bigwigs are attempting to secure their roles in the new political season, argues Tatiana Stanovaya of the Centre for Political Technologies, a think-tank: the Duma contest is “turning into elections for the future elite of Putin’s fourth term”.

So far, the more conservative forces within the regime seem to have the advantage. In recent weeks, Mr Putin has replaced his education minister and children’s rights ombudsman with figures close to the Russian Orthodox church. The Levada Centre, Russia’s last independent polling agency, was declared a “foreign agent”, a ploy the government uses to harass organisations it dislikes with red tape. Lev Gudkov, the centre’s director, says the designation makes it “impossible to work”. There have been 31 such rulings this year.

Despite mounting budgetary pressure, painful but necessary economic reforms are unlikely to be taken up before the presidential elections. Facing no pressure from the Potemkin electoral system, Mr Putin has little reason to rush.

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